dimanche 6 avril 2008

Olivier Martinez vs le web

Mis à part Eric Dupin dont on nous a beaucoup ressassé le dépit et la ruine prochaine, Olivier Martinez à porté plainte ou assigné en justice plusieurs autres sites ou blogs (une trentaine dit-on), dont personne ou presque ne parle et dont tout le monde se fout. Il est vrai que ces sites n'ont pas la popularité et/ou l'influence d'Eric Dupin dans le monde des bloggueurs.

Il s'agit des sites :

On murmure par ailleurs que des sites comme Gala.fr ainsi qu'un site affilié à NRJ auraient négocié à l'amiable avec l'acteur français.

Tous ont été condamné. Est-ce un mal ? Du point de vue juridique, l'article 9 du Code Civil fait merveille contre tout ragot, depuis 200 ans. Et les agrégateurs, blogueurs se fournissant en news people pour attirer le chaland de crier au meurtre ! A l'irresponsabilité du pauvre diffuseur qu'ils sont, d'informations écrites par d'autres. Certes mais à regarder de plus près les compteurs de visite de ces sites, il est plus que probant que l'activité publicitaire est un facteur de revenus pour ces blogs. Attirer le chaland avec des news croustillantes relève donc d'un choix déterminé et non aléatoire et nous sommes bien en présence d'une «volonté de mettre le public en contact avec des informations qu'il a sélectionnées» comme le souligne le jugement contre Cyrille.



Au milieu du tapage entretenu par les blogueurs défendant un Eric Dupin geignard, quelques voix se sont élevées pour signaler que les entreprenautes ne pouvaient pas à l'infini vivre dans la schizophrénie consistant d'un côté à se retrancher derrière le statut d'hébergeur donc irresponsable du contenu éditorial; et de l'autre côté, à vivre des revenus publicitaires justement attirés par le contenu publié et le nombre de lecteurs. Quelques bons billets présentant ces points de vue :

Effectivement les vrais blogueurs (ceux qui ne perçoivent pas de revenus de cette activité) se sont un peu fait avoir par la déresponsabilisation des hébergeurs un peu traités comme les imprimeurs dans l'édition : simple exécuteur mais totalement désintéressés du possible succès de l'œuvre. Sauf que pour le cas des agrégateurs, s'ils reconnaissent volontiers n'être que de simples hébergeurs de contenus qu'ils ne rédigent pas, ils sont très loin d'être désintéressés du succès de la publication : leurs revenus sont en effet très corrélés au succès des dits billets. Aussi est-il normal que l'on puisse s'interroger quelques minutes sur l'honnêteté des agrégateurs lorsqu'ils se prévalent du statut de simple hébergeur non intéressé par la publication.

Selon le point de vue que voudrait défendre par Eric Dupin et en poussant au maximum sa logique : les bloggueurs fournissent des billets qu'ils rédigent et sont donc responsables de ce contenu, ils sont auteurs et éditeurs. Ces billets sont fournis gratuitement à l'agrégateur. L'agrégateur n'est pas responsable juridiquement : il est assimilé à un hébergeur de contenu qui n'a pas de contrôle sur ce qu'il publie. Cependant l'agrégateur perçoit les revenus publicitaires du site sur lequel les internautes se connectent et constituent l'audience. Joli pigeon ce blogueur.

Par ailleurs l'argument avancé selon lequel il suffit de demander que l'information erronée soit retirée pour clore un problème est un tantinet spécieux : depuis quand, en droit français, ce serait à la victime de faire gracieusement le ménage des ragots qui circulent à son propos ?

Je me souviens d'une toute époque où, au début des années 90, la nétiquette faisait que pour simplement pouvoir linker telle page intéressante d'un site perso trouvée au hasard d'un surf, on prenait la peine d'envoyer une demande par email au site concerné. Demande toujours accédée, et contacts très souvent intéressants à la clef.

... Autres temps, autres mœurs !




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En savoir plus ... :


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Eric Dupin nuEric Dupin nu



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1 commentaires:

Anonyme a dit…

Vie privée,Liberté, éditeur, hébergeur... c'est bien joli tous ces conceptes. Mais que peut faire un modérateur/administrateur responsable de site Web2? Selon l'avocat, l'éditeur est responsable dès la publication du contenu. Techniquement et humainement, l'avocat admet qu'il est impossible de vérifier les contenus des liens.

Etre condamné ou assigné en justice pour une action impossible à faire, je trouve cela moche! Les conséquences prévisibles c'est une perte d'emploi en FRANCE pour les développeurs WEB et l'hébergement des sites à l'étranger.

On pose encore la question : comment ils ont pu trouver les "trentaines" de sites?

Les bannières publicitaires pour les petits sites (facile à faire avec des générateur de code php...)ne rapportent que 100euro par ans. Je plains les étudiants qui auront ce genre de problèmes.

Je remarque aussi que KM ne s'est pas abaisé à faire ces assignations.