lundi 26 janvier 2009

Moi, Marc L***, internaute violé

Internet et sécurité« Bon anniversaire, Marc (prénom d'emprunt). Le 5 décembre 2008, tu fêteras tes vingt-neuf ans. Tu permets qu'on se tutoie, Marc ? Tu ne me connais pas, c'est vrai. Mais moi, je te connais très bien. C'est sur toi qu'est tombée la (mal)chance d'être le premier portrait Google du Tigre. »

C'est par ces mots que commençait l'article d'un journaliste de la revue Le Tigre, Raphael Meltz. Suivaient toute une série de scènes de la vie courante, constellées de détails dont on se demande comment l'auteur a pu faire pour mettre la main dessus, ou comment l'internaute lambda a pu le rendre public, de son plein gré. Numéro de portable, adresse de l'employeur, adresse de la copine, bar préféré, tout y passe. Jusqu'aux penchants pour un certain type de filles.

L'épisode en soi n'a rien d'exceptionnel, mis à part le fait que toute la blogosphère s'en est emparé. La méthode de travail du journaliste est, elle, beaucoup plus enrichissante. On apprend en effet à cette occasion qu'il a procédé de manière parfaitement légale en collectant toutes ces données sur internet, et en les recoupant entre elles... Le plus simplement du monde.... Toutes les données privées révélées dans l'article étaient disponibles publiquement sur internet.

Par contre je mettrais un bémol sur la possible reproduction d'une telle prouesse avec un individu plus âgé. L'internaute dont il est question (âgé de 29 ans), a eu sa culture, sa formation, son environnement, ses réflexes façonnés par les nouvelles technologies numériques. Il s'y sent à l'aise, et utilise internet sans appréhension pour communiquer avec les autres. Laissant partout des traces de ses passages, en toute innocence.

Deuxième bémol : non internet, en soi, n'est pas en cause. Il n'est que l'outil sur lequel cet internaute s'est répandu par inadvertance, de ses moments de vie privée, considérant ces mises à nue comme anodines et sans impact réel. En théorie, ce type de renseignements, pour un internaute qui ne fait pas partie des personnes ayant une vie publique, n'a rien à faire sur internet dans le domaine public. Les sites des médias, sont tombés sur cette information -située entre le mauvais tour et la démonstration- et ont beaucoup titré sur les failles d'internet, les dangers des réseaux sociaux etc. En oubliant que la plupart des internautes n'étalent pas leur vie privée à tout le monde, même si dans la fiche Facebook figure le numéro de portable. Celle-ci peut en effet être rendu inaccessible à l'internaute inconnu, à eux de gérer les droits d'accès et de ne pas accepter n'importe qui comme 'amis' au sein des réseaux sociaux. Ce ne sont pas des champs de course ou la première marche du podium ira à celui qui a rassemblé le plus d'amis.


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L'article sur le site Le TigreL'article sur le site Le Tigre


Facebook, un outil de propagandeFacebook, un outil de propagande (6 décembre 2008)


Données personnelles et ConstitutionDonnées personnelles et Constitution (19 mai 2008)

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2 commentaires:

Yokov a dit…

Ce qui est drole c'est que "l'intéresse" à demandé à l'auteur de l'article de lui rendre son anonymat :)

webmaster a dit…

Ben ouaip ! Mais qu'est ce que tu veux. En même temps ça n'est pas condamnable en soi, ça pourrait arriver à un peu n'importe qui. J'ai vérifié ce week-end à partir de Facebook parmi des amis qui sont dans sa tranche d'âge, c'est fou ce qu'ils révèlent de leur vie privée sans prendre garde ...